Les leçons de Growth Hacking de l’affaire « Benjamin Griveaux ».

Contrairement à ce que disent beaucoup de politiques et de médias (qui visiblement ne comprennent pas plus la vie numérique qu’il ne comprennent la vie réelle), l’affaire Benjamin Griveaux n’est pas un problème lié au réseaux sociaux, ni à l’anonymat.

Cette affaire est basée sur la vidéo, le sexe et le marketing viral qui existaient bien avant les réseaux sociaux.

En revanche il est vrai que les réseaux sociaux, notamment Twitter, ont clairement facilité la diffusion des informations volées puis publiées.

L’artiste Russe à l’origine de cette affaire a su les utiliser pour mener une action rapide, efficace et à budget très limité.

En marketing digital, on appelle ça du Growth Hacking, et en la matière, il y a des choses à retenir.

Le Growth Hacking c’est l’art et la manière de mener des opérations de promotion (d’une marque, d’une solution, etc.) ou d’acquisition (de clients, de membres, etc.) rapides, performantes et peu chères. Souvent un peu à la limite de la morale aussi (mais pas de la légalité). La viralité est un élément important, car elle permet de mener des actions rapides et souvent éphémères, justement à cause de leur caractère « un peu limite ».

Or la viralité ne se contrôle pas. On ne peut pas décider à l’avance de ce qui sera partagé massivement et de ce qui ne le sera pas. En revanche on peut choisir des éléments qui facilitent cette viralité : le sexe, la notoriété… et Twitter.

En effet, le choix de Twitter n’est pas anodin.

Twitter, c’est la plateforme des artistes, des politiciens, des scandales et des journalistes. Donc si vous êtes un artiste qui souhaite créer un scandale politique relayé par des journalistes, c’est la plateforme idéale !

C’est la première leçon de cette affaire : pour mener des opérations de Growth Hacking efficaces il est important de bien connaître son offre, sa cible, son message et donc ses canaux de diffusion (qui dépendent en général de l’offre, de la cible et du message).

Soyons clair avant de continuer : La démarche de notre artiste Russe est immorale et illégale. Il n’est donc pas question de la recommander ici. En revanche on a le droit d’en tirer quelques leçons de marketing.

Connaître son offre et sa cible permet de définir une audience précise. Ici l’audience première était : les journalistes. On définit ensuite le message et le canal : le message c’est une (ou plusieurs) vidéo(s) et le canal c’est Twitter, le réseau instantané suivi par tous les journalistes.

Mais reprenons étape par étape :

  1. Création de contenu : User Generated Content (UGC)

Arrangez vous pour créer une offre alléchante et faire en sorte que le contenu dont vous avez besoin soit créé par les utilisateurs eux-mêmes : User Generated Content (Contenu généré par les utilisateurs). C’est le meilleur contenu car il est directement fait par ceux qui en sont la cible. Aucune erreur de message n’est alors possible.

  1. Centralisation et publication du contenu

Créez un site web à peu de frais et postez-y le contenu dont vous disposez. Ainsi vous pourrez le partager facilement à l’aide d’une URL. Avantage : vous n’engagez pas votre propre présence sur les réseaux sociaux. Inconvénient : il est facile de repérer le site web en question et de le faire supprimer par l’hébergeur. C’est parfois beaucoup plus difficile de convaincre les modérateurs des réseaux sociaux du caractère inapproprié d’une publication qu’on souhaite faire effacer.

  1. Distribution du contenu : misez sur des influenceurs

Pour partager rapidement votre contenu, contactez des influenceurs. Dans le cas qui nous préoccupe, notre artiste Russe a eu la bonne idée de contacter un entrepreneur people, un gilet jaune célèbre et un député en mal de provocations. Trois personnalités très différentes avec des audiences très variées mais qui permettent de toucher à peu près tous les partis politiques, ainsi que des journalistes de tout bord.

Ensuite les journalistes s’emparent de l’affaire et les politiques la commentent. Bingo !

Pour ne pas avoir à payer vos influenceurs, proposez leur du contenu qui les valorisent : en l’occurrence exclusivité, provocation, scandale, etc. En diffusant votre contenu ils affinent leur image et développent leur audience. Ca vaut tout l’or du monde !

  1. Relier le contenu viral partagé à votre marque et à votre offre.

Lorsque la viralité est avérée et le contenu bien partagé, assurez-vous d’être identifié comme l’auteur de ce partage pour pouvoir valoriser votre marque et placer votre offre.

Une fois la surprise passée, les internautes doivent en effet pouvoir faire le lien avec vous, comprendre le sens de votre démarche et adhérer à votre proposition. C’est la clé d’une campagne de Growth Hacking performante.

Et c’est peut-être sur ce dernier point que notre artiste Russe a le moins réussi. Si l’audience ne comprend pas la finalité de votre stratégie, le sens de vos actions, le « à qui profite le crime » de votre forfait, alors elle risque d’avoir une réaction très négative. Et là tout est foutu…

Mais si votre stratégie a du sens, est originale, astucieuse, positive et innovante, alors le public sera conquis.

Pour en savoir plus sur le Growth Hacking et les stratégies d’acquisition, assistez à nos formations au marketing digital !

Note : Cet article est bien sûr humoristique. Encore une fois, ce qu’a fait cet artiste Russe est immoral et illégal. C’est pas bien. Ne faites pas ça chez vous.

Note 2 : Ce qu’a fait Benjamin Griveaux, à l’heure des réseaux sociaux, du revenge porn et de la surveillance généralisée, n’est pas très malin. Ne faites pas ça chez vous non plus.

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